2 mai 2018

Témoignage GILARDI Chiara

MON TEMOIGNAGE

Je suis rentrée en Italie depuis environ deux semaines, mais au-delà de la valise j’ai l’impression d’avoir aussi laissé à Lomé la tête.
Les personnes que j’ai rencontrées, leurs idées, leurs manières de faire – qui souvent ils me sont semblées obsolètes, mais en fin de compte très bizarres aussi, ils m’impriment encore un sourire que je fatigue à expliquer à moi-même. Ils s’insinuent dans chaque pensée maintenant que je suis retournée à vivre dans le « monde occidental. » Oui, j’ai vraiment connu un autre monde cette fois.
Chaque personne m’en a montré un angle et il a contribué à rassasier l’appétit de curiosité et diversité que je pense qu’il dévore tous les voyageurs.

Un volontaire qui décide de faire une telle expérience il se sent tout d’abord un voyageur, un chercheur ; il apporte avec lui ses questions et son envie de faire, de changer. Un peu de présomption aussi, comme ils m’ont fait remarquer ; mais je ne pense pas que ceci soit nécessairement un défaut. Maintenant, en chaque cas, c’est rapidement réduit, de même que mon penser en grand.

Comme j’ai dit, c’est un monde différent, avec des règles différentes et un volontaire extraterrestre est proie facile d’un découragement initial causée par les mille problèmes qu’il décèle n’importe quelle partie il se retourne. Je me rappelle la première nuit étendue sur un matelas d’éponge de côté de ma sœur Tina. Je fixais le plafond en tôle qu’il venait martelé violemment par la pluie et je pensais : qu’est-ce que je peux faire réellement ici ? Qu’est-ce que je peux changer réellement ? De ma mission, j’ai compris que j’y aurai gagné plus d’avantages que personne d’autre.
Un chercheur avant tout ; avec ses questions. J’aurais trouvé des réponses, ou gagné d’autres questions.
Et c’était le cas ; mon expérience, bien que bref, dès le début ainsi authentique qu’il m’a permis de respirer un peu de l’autre vie : ma vie si j’étais née là-bas, dans cette famille qu’il m’a si chaleureusement reçue, dans ce quartier à 40 minutes du centre où tous me saluaient et les enfants criaient « YOVO YOVO bonsoir !!” (Traduit “BLANC BLANC bonsoir”, salut courtois que je recevais à toute heure du jour) ; la couturière me cousait l’habit pour la messe du dimanche et la coiffeuse m’avait mis les mains sur les cheveux le quatrième jour que j’étais arrivée et elle les avait transformés en longs troncs d’arbre, (ou tel était la sensation de pesanteur) que d’après l’avis de tous, ils m’allaient plutôt bien et je m’y suis donc habituée rapidement. Je m’habituai rapidement au tout.

J’ai ainsi pu, même pour une courte période, comparer deux styles de vie, deux mondes et deux Chiara; et plus je me plongeais dans la routine togolaise, plus les mille problèmes initiaux devenaient pures différences ; la différence entre prendre une douche et se renverser un seau d’eau fraiche, entre manger avec fourchette et couteau et dévorer tout avec les mains, entre voyager aux quatre roues et marcher aux deux pieds; un problème qui ne cause pas d’embarras, dispute ou douleur n’est pas vraiment un problème; c’est une questionne d’habitude, spécialement si cette différence tu ne la connaît pas.
Cependant, comme je ne veux pas que vous pensiez que Lomé soit le village tribal de la Famille Pierrafeu, j’informe que le jardin du voisin occidental ils le voient dans toute sa splendeur à la télévision et sur Youtube – ainsi je me demandais souvent si mes frères assis à côté de moi dans le « salon » à regarder sitcoms américaines dans un boite aux pixels granuleuses percevions le même sens d’injustice.
Je tiens à finir cette parenthèse sur une note positive : je suis peut-être arrivée pendant la saison des pluies, mais l’herbe à Lomé m’ai semblée devenir chaque jour plus vert. Inutile dire qu’il grandit rapidement.

A vrai dire, après quelque semaine j’ai commencé à trouver plus de problèmes dans la Chiara italienne. J’appris à retirer tant de joie de simples choses – citation sur Tumblr mais elle a été vraiment ma solution. La grand-mère qui se précipitait à mettre l’eau sur le charbon dès que je misse tête dehors de la porte de ma chambre pour que je puisse me laver avec de l’eau chaude (vice exclusif que j’aurais pu abandonner mais la grand-mère était inexorable, et aussi un po’ sourde) ; mamie qui passait « par hasard » et me demandait régulièrement « Tu as bien dormi ??? tu vas prendre du thé ???  » avec une gentillesse dans les yeux que je n’jamais vu à personne ; Tina me recouvrait d’une pommade anti-moustique chaque fois que je dusse sortir et dans une semaine elle avait ainsi réussi à finir le flacon entier que je pensais il m’aurait duré pour tout mon séjour ; mon frère Simon, un conteur exceptionnel ne me laissait pas ennuyer (que pour moi voulait dire lire en paix) une minute ; et plein d’autres petites choses.

Résoudre petites choses, par contre, devint mon nouvel objectif. Comme ça, à côté du président de l’association qui tout de suite fut Gilbert amicalement, ma mission est commencée. Nous nous sommes ensemble rendus dans un village aux alentours de Lomé. Le rythme du tambour de bienvenu emportait chez les plus jeunes une sorte de façon de danser très drôle, comme une poule ; les femmes atour accompagnaient avec leurs voix et des clappements de main, jusqu’à ce qu’ils s’unir tous dans la danse en formant un cercle continu de dents blanches, et une succession de pas de poule.
Pour les chefs du village peut-être que c’était le verre de Sodabi qui a animé la fête, une tradition. À la fin, les cadeaux. 150 euros son suffi à habiller tous les enfants et les jeunes du village avec plus de 200 entre coutumes festives et habits ordinaires. Jamais vues ainsi beaucoup de jolies princesses Disney. Moins d’un euro la pièce, mais « vêtements de premier choix ! » Gilbert soutenait. On comprenait que ces habits seraient devenus vite de la dernière, en passant d’enfant en enfant et en les usant jusqu’à être réduits en torchons –  et puis ils les auraient certainement utilisés aussi pour nettoyer, dans l’avènement d’une prochaine donation.

Alors j’ai compris qu’il fallait se concentrer sur l’association, sur son avenir et sur ces projets dans la tête de Gilbert qui auraient pu procurer au village de l’argent pour s’acheter le nécessaire. J’étais donc heureuse et résolue à m’occuper, à partir de là, de « problèmes administratifs » et vitaux pour l’association, à côté du Président toujours. Evidemment, ça n’était pas une mission conventionnelle mais c’était peut-être plus important et je me sentais sûrement plus utile ainsi.

Naît soudain (parce que cultivé longtemps dans la tête de Gilbert) le « cyber projet” ;
Nous espérons en effet que la création d’un cybercafé pourra rendre l’association autosuffisante sur le plan économique et maintenir bas les coûts de participation des volontaires, recette unique dont moi-même j’étais étonnée, « pour du travail gratuit » – avant de voir le bilan de l’association et comprendre que vraiment elle ne tiendrait pas debout autrement. Ensuite, le déplacement de siège dans une pièce plus grand qui puisse recevoir le cybercafé et accueillir les missionnaires de manière un po’ plus institutionnel ; « c’est rassurant », a dit Gilbert.

Il y a un enthousiasme général dans les trafics de cette expansion (avec quelque ennui au port et au ministère, là aussi deux réalités qu’ils mériteraient un chapitre à part) mais je vous le dirai franchement : J’espère que les futurs volontaires AJVDEC, mais tous en général, vivent une expérience qui se rapproche le plus à la mienne : authentique, personnelle, non officielle et très peu institutionnel.
Pas de logement volontaire, de la cantine, des excursions touristiques, du cours d’Éwé (voilà ceci peut-être que oui parce que de quelques phrases que j’ai appris en Éwé, il m’est semblée une langue avec plus d’exceptions que le français, ne parlons pas de difficultés embarrassantes de prononciation). J’espère qu’ils vont vivre Lomé, le Togo, l’Afrique noire comme je les ai connus, moi que je suis probablement arrivée déjà tardes, parce que ma sensation est que ce monde soit en extinction rapide.

Voilà, tout ça était seulement une petite partie du bagage que j’ai reporté en Italie ; ils ne me l’ont pas fait payer à l’aéroport, malgré son poids élevé.