Témoignage de Lucille BUCHS

Avant la lecture, ôtez-vous de votre tête toutes idées préconçues sur l’Afrique ! Il existe au Togo nul moustique faisant la taille d’un homme, et les Africains ne vivent pas dans les arbres.

Je vais vous parler de mon expérience unique. Je ne pensais pas jusqu’à lors qu’un simple voyage pouvait changer une vie, et pourtant si ! Je suis persuadée aujourd’hui que chacun de nos voyages déterminent qui nous serons demain. Je sais que la jeune fille de 21 ans que j’étais avant de partir n’est pas la même que celle qui repart.

Le Togo vous emporte et vous chamboule ! Petit pays mais forte humanité. Les togolais sont et resterons des personnes gentilles, accueillantes, souriantes et chaleureuses. A chaque coin de rues, les enfants chantonnent à tue-tête « Yovo Yovo Bonsoir », les sourires et les rires sont toujours présents. J’ai reçu tant de bénédictions que je pense finir directement au paradis.

 

Partant entre autres dans l’optique de traduire le site internet de l’association en Anglais et d’enseigner le chinois à des élèves, je suis revenue en ayant fait des choses auxquelles je me croyais incapable de faire ! J’ai également beaucoup appris, telle que la patience et l’indulgence, mais aussi à donner de mon temps. Je suis revenue plus mature tout en ayant retrouvé mon âme d’enfant. Et je n’ai plus peur des poules !

J’ai enseigné le chinois à des élèves d’une école. Pourtant une langue difficile, ils ont su faire preuve de tant de rigueur, de volonté, d’apprentissage intensif que je reste encore aujourd’hui admirative pour ces enfants. Je me souviens de devoir hausser le ton pour remettre de l’ordre et obtenir le silence, mais c’était si difficile de ne pas rire avec eux. Je réalise aujourd’hui que leur enseigner me manque. Je me suis sans doute trop attachée.

J’ai retrouvé mon enfant en m’occupant d’enfants à l’orphelinat, et c’est sur ce point que j’ai beaucoup changé. Avant mon départ j’aurais été incapable d’avoir la patience d’avoir des enfants avec moi. Avec eux j’ai réappris à jouer aux cartes et à « 1-2-3 soleil » en m’amusant.

 

« En Afrique on ne court pas on marche » ; slogan de mon séjour. Je crois que ce fut le dicton le plus difficile auquel il a fallu que je m’adapte. Marcher lentement.

La différence de culture et la façon de travailler en collaboration n’était pas toujours simple. Il a fallu essayer de comprendre l’autre, s’adapter à une autre culture, façon de faire ou de voir, même si cela me paraissait parfois incompréhensible. Mais, n’est-ce pas ça aussi le brassage culturel ?

C’est au sein de cette association que j’ai le plus appris. Ils m’ont enseigné l’ouverture à l’autre, la diplomatie ! L’équipe d’AJVDEC TOGO est une équipe formidable, douée, volontaire, le cœur sur la main et prêt à tout pour réaliser à bien leurs magnifiques projets (campagnes de vaccination et consultations gratuites dans les villages, et qui sait devenir un jour une ONG mondialement connue ! j’y crois sincèrement).

Je suis très fière d’avoir été près d’eux pendant ce mois de juillet. Ils ont su être à notre écoute, nous guider, nous conseiller et nous mettre à l’aise ! Je leur en suis infiniment reconnaissante pour cette magnifique expérience ! Sans eux, je n’aurais jamais réalisé mon rêve.

 

 

En espérant que mon témoignage vous donnera envie de partir dans cette association qui se bat chaque jour pour une cause juste.